Certains matins, des actrices se lèvent avec une énorme envie de chanter. C’est comme ça. Inutile de s’en lamenter, ça ne changera rien. Parfois même, ce sont les actrices les plus classes qui s’y collent. Cette année, par exemple, Scarlett Johansson et Zooey Deschanel (quel nom !) sont sorties du bois.

Sur la côte est, la blonde Scarlett entre en scène et signe de son nom un album de reprises de Tom Waits. Dans l’ombre là-bas derrière, on reconnaît Dave Sitek de TV on the Radio, producteur d’Anywhere I Lay My Head. Après un début d’album très faible, à la grandiloquence pompeuse, Fannin’ Street ouvre une seconde moitié un peu plus heureuse où on trouve Song For Jo, seule chanson originale du disque, anecdotique, et les deux autres meilleurs titres du disque I Wish I Was In New Orleans et I Don’t Wanna Grow Up. La sobriété n’est pas le fort de Mr Sitek mais c’est pourtant lorsqu’il s’y essaie que les morceaux convainquent par leur mélancolie froide. On conseille à Scarlett de mieux s’entourer la prochaine fois.

Niveau du disque : Ramoneur/tapissier

Sur la côte ouest, la brune Zooey se cache, avec son compère M Ward, sous le nom de She & Him. Ici, hormis deux reprises, le subtil You Really Got A Hold On Me et l’original mais périlleux I Should Have Known Better (qui ne permettra pas au duo de rejoindre Joe Cocker et Stevie Wonder au panthéon des artistes qui ne se sont pas cassés les dents sur une reprise des Beatles), les titres sont signés de la main de la californienne. Sur Volume One, on tombe amoureux (I Was Made For You), on séduit (Why Do You Let Me Stay Here ?), on a le coeur brisé (Sentimental Heart), on ne s’y reprendra plus (Take It Back) mais on retombe amoureux (I Thought I Saw Your Face Today), le tout toujours en choeur bien sûr, léger et charmant comme un matin ensoleillé qui fait cui-cui. Mais attention, on a aussi de sérieuses références en pop, en jazz et en folk. Le classicisme oui, la superficialité non ! Merci Zooey, merci Matt, vivement le volume deux.

Niveau du disque : Maçon