Dans les années 60, il n’y avait pas que les Beatles et les Who dans le monde ! Non, il y avait plein d’autres groupes. Et de très bons. Les Kinks par exemple. Emmené par la fratrie Davis, les Kinks ont écrit de petits chefs-d’œuvre de pop songs.

Mais revenons plutôt sur l’histoire de Raymond et David : nés d’un père noir trompettiste, qui eut son petit succès dans les années 40, les deux frangins menèrent une enfance heureuse dans le quartier londonien de Muswell Hill. Musiciens surdoués et tennismen de génie, ils hésitèrent longtemps entre carrières de rock star ou de sportifs de haut-niveau. C’est finalement leur mère, Bette, qui mit le holà à leurs vies de sportifs, lassée de préparer laitues, scaroles et autres mâches dans les saladiers en argent que gagnaient chaque année ses garçons (saladiers qui portent désormais leur nom).

Ainsi, Ray et Dave se lancent dans le rock avec 2 autres amis, en gardant toujours au fond d’eux-mêmes leur passion de gamin pour le tennis. Leur parcours est emblématique des groupes rock d’alors : d’abord donnant dans le garage-rock avec You Really Got Me, dont l’anecdote raconte que le timbre de guitare si particulier fut obtenu à l’aide d’un ampli à la membrane transpercée par un manche d’une ancienne raquette de Dave, le son s’édulcore progressivement, en même temps qu’ils perfectionnent leur art de la composition. Ace To Ace, Something Deuce, et surtout The Village Green Preservation Society sont pleins de chansons aux mélodies parfaites. Mais dans l’Angleterre des sixties, les Kinks ont malheureusement ce gros défaut d’écrire des textes surannés et nostalgiques, tels que I Can See For Miles (hommage au père) ou Village Green, ode aux gazons des cours anglais.

Après cet âge d’or et sans doute à cause de l’accueil relativement mitigé de l’époque, les frères Davis décidèrent d’oublier le tennis, de mettre de côté le flegme et la délicatesse britannique, et de se lancer à l’assaut des stades américains, en Donnant Aux Gens Ce Qu’ils Veulent, c’est-à-dire selon eux, du rock lourd et, avouons-le, relativement mauvais.

Wimbledon Sunset forever...