Ma principale résolution pour 2011 [1] est d’abandonner les CD au profit des disques vinyles, et de me les procurer au plus près des artistes dans la chaîne de distribution. Pourquoi ? Parce que !

La dématérialisation de la musique, via le MP3 ou le streaming, c’est bien. C’est bien pour les auditeurs. C’est bien pour les musiciens. C’est peut-être moins bien pour tous les intermédiaires de la distribution, mais ça, on s’en fout un peu.

Néanmoins, est-il sage d’envisager un futur où toute la musique est dématérialisée ? Je ne pense pas. L’accès facile et immédiat à une grande quantité de titres a plusieurs effets pervers. Les albums ont une durée de vie de plus en plus courte. On les écoute une fois, on les aime mais on ne les écoutera peut-être plus jamais car il y en a tant d’autres à découvrir. En outre, à quoi bon payer pour de la musique alors qu’il existe tant de possibilités d’écouter de la musique gratuitement, tout le temps, partout où une prise éthernet, une borne wi-fi ou un réseau 3G sont dans les parages... c’est-à-dire presque partout.

Combien de MP3, perdus sur des disques durs de plusieurs giga, n’ont jamais été joués ? Combien ont été joués une seule fois et ne le seront jamais plus ? La musique est dévalorisée. Même si je n’ai pas pitié des majors pleureuses à l’heure de la chute libre des ventes de disques, il faut malgré tout reconnaître que les artistes ont besoin de moyen d’être rémunérés, pros et amateurs chacun à leur échelle. Dans ce domaine, les services les plus connus d’offre de streaming légal sont pour la plupart très peu bénéfiques pour les artistes (le pire service en la matière étant apparemment Spotify, cf. cet infographique comparant les différentes sources de revenus des artistes). Les abonnements de musique en ligne, ce n’est donc pas la panacée.

Il faut donc redonner de la valeur à la musique ! Frustré de la sombre merde que j’étais en train de devenir, entourés de MP3 récupérés à la va-vite sur le web, et même de CD achetés six mois auparavant et toujours sous cellophane, j’ai décidé de relever la tête : "Non, je ne veux plus consommer de la musique, je veux écouter de la musique ! Oui, je souhaite à nouveau tisser des liens avec les nouveaux groupes et artistes. Les connaître, les voir vieillir, faire mûrir leurs disques et voir s’ils seront des crus d’exception ou de la vulgaire piquette, les aimer ou les haïr, avoir honte de certaines amours passées. Il y aura du sang, de la sueur et des larmes, mais je veux tout ça bordel !"

La solution s’est imposée à moi : me convertir aux vinyles.

S’il faut redevenir romantique dans sa façon d’écouter la musique, le vinyle est un bien meilleur support que le CD. Un CD, c’est petit, ça se raye, ça ne se touche pas avec les doigts, ça ne tient plus en place dans ce boîtier dont toutes les dents ont été pétées, ça traîne dans les vide-poches des bagnoles. Un vinyle, ça montre la pochette en grand, ça se touche, ça se pose sur la platine, ça nous rappelle à chaque fin de face qu’il est temps de se retoucher à nouveau. Un CD c’est un plan cul alors qu’un vinyle c’est un grand amour.

Vous me direz alors qu’un vinyle, ok, c’est pas mal, mais ça rentre pas dans mon iPod. Certes, mais les vinyles récents contiennent la plupart du temps un code permettant de télécharger les MP3 du disque sur internet. C’est limite moins chiant qu’importer un CD où faut aller trouver la pochette soi-même une fois sur deux, et où les titres peuvent être renseignés n’importe comment.

Vous me direz alors que c’est bien beau tout ça, mais qu’au Leclerc, ils vendent pas de vinyles ! Je vous répondrai : précisément ! Acheter ses vinyles au supermarché, ça devrait être interdit ! Plus sérieusement, acheter son pain à la FNAC ou Amazon, c’est bien quand les boulangeries sont fermées. Un moyen raisonnable, équitable et pas si cher d’acheter ses disques, c’est de se se rendre sur les stands de merchandising des concerts et festivals près de chez vous, de s’adresser aux labels concernés ou aux sites fairplay en matière de rémunération d’artistes (type Bandcamp), au disquaire du coin s’il ne se fout pas de votre gueule au niveau de ses tarifs.

En plus, avoir un vinyle sous le bras, ça donne un air chic et snob. Trop cool.