La première écoute de Time To Pretend avait été une révélation. Peut-être le meilleur single depuis Take Me Out de Franz Ferdinand. L’auteur de ce tube ? MGMT, à prononcer management, soit Andrew et Ben, deux jeunes gens de Brooklyn.

Quelques semaines plus tard, après un buzz YouTube de leur passage capé au show de David Letterman, leur 1er album, Oracular Spectacular, arrive enfin... et déçoit un peu. On se dit qu’on a peut être affaire à un nouveau Guillemots qui avait terriblement déçu au delà de leur brillant Trains To Brazil.

Après quelques écoutes pourtant, la sauce reprend. La construction texturée des morceaux de l’album finit par s’imposer comme bien plus complexe qu’au premier abord, très riche et fourmillant de bonnes idées, toujours élégament portée par des riffs aux mélodies imparables et entêtantes.

J’attendais leur prestation parisienne du Bataclan, la semaine dernière, avec impatience. Après n’avoir assisté qu’aux ultimes secondes d’une première partie qui avait l’air d’être pas mal (Florence and the Machine), Andrew, guitariste/chanteur du groupe, sorte de Daniel Herrero jeune drapé dans une robe de chambre très fleurie, et Ben, claviers, rentrent en scène avec trois autres musiciens. Et c’est parti.

Le live est beaucoup plus rock que le disque et les incessantes transitions des morceaux sont plutôt bien interprétées. Délire complet dans l’assistance, il se passe vraiment un truc avec ce groupe en ce moment et je ne m’attendais vraiment pas à une telle hystérie, assez inédite depuis l’émergence des premiers groupes de la vague rock des années 2000 : Strokes, Libertines et Franz Ferdinand. Avec MGMT, le registre musical est clairement différent. Ici on sonne plutôt dans ce qu’un hybride contemporain entre Bowie et, disons, Supertramp pourrait faire de meilleur.

Seul problème du concert : il est court, ce qu’on pardonne facilement à un groupe ayant un seul album à son actif. Du coup le rappel est faiblard et c’est injuste car on se dit qu’on va partir sur une mauvaise impression. Erreur, le groupe a son arme secrète. A l’heure de l’ultime morceau, bye-bye le support band, Andrew et Ben restent seuls sur scène tandis que résonnent les premières notes de la bombe disco Kids. La température de la salle monte instantanément de 10 degrés et le plancher commence à sérieusement remuer. Les deux compères sautent dans le public, le guitariste revient en éclair sur scène pour le solo qui tue et au revoir, à bientôt, on espère vous revoir la prochaine fois, merci Paris, vous êtes formidables.

Les lumières se rallument, retour brusque à la réalité pour toute l’audience. Les tee-shirts sont trempés, les corps fatigués mais les mines réjouies. C’était un avant goût d’été un soir de mai, à Paris sous la pluie.