Lundi 16 mai 2005, Elysée Montmartre, concert d’Arcade Fire.

Avant le concert, l’heure d’un bilan dans la course de meilleur groupe 2005 : à mi-course, le peloton a été distancé par un groupe de 2 coureurs, un favori (Bloc Party) et un outsider (Arcade Fire). Si la bonne position des Londoniens n’est pas une surprise puisqu’on les avait déjà vu briller l’année dernière avec un Banquet de tout premier ordre, la prestation des Canadiens reste plus marquante, car plus inattendue. Bref, à l’heure du contre la montre, qui risque de se révéler décisif pour les 2 coureurs, Arcade Fire s’élance le premier.

Les barjots arrivent sur scène, après une première partie assurée avec un brio relatif par un violoniste du groupe s’autosamplant jusqu’à plus soif (on a craint l’indigestion mais non). Un groupe de géants, tous sosies de grands personnages : Ray Liotta, Buddy Holly, M le maudit, etc... qui donne au concert un ton très cinématographique. La musique n’est pas la seule à laisser sans voix, même la mise en scène du groupe est impeccable. Après les titres un peu poussifs de leur démo, les titres du premier album défilent pour autant de brefs instants de magie tantôt glacée, tantôt grandiose, tantôt dancefloorienne. Impressionant.

Durant le rappel, les membres du groupe jouent parmi le public, ce qui permet de constater qu’en fait ils ne sont pas si grands que ça. Tout le monde soupire rêveur : "ah, la magie du cinéma". Au final, les coureurs canadiens établissent un temps de référence impressionant qui laisse penser que Bloc Party, décevant à Bourges un mois plus tôt aura fort à faire pour rattraper le retard.

Mercredi 18 mai, La Cigale, concert de Bloc Party.

The Rakes ouvre pour "la fête de quartier". Le buzz qui entoure le groupe semble un peu surfait et, quoiqu’agréable, le concert laisse sur notre faim.

Bloc Party arrive sur scène en rappelant que leur passage dans cette même salle en novembre dernier pour le festival des Inrocks est leur meilleur concert de leur histoire : public dans la poche. Pendant un peu plus d’une heure, les titres de Silent Alarm s’enchaînent avec une énergie rassurrante après Bourges, une mécanique moins bien huilée qu’alors mais bien plus généreuse et le parquet de la cigale, qui mérite son nom de flottant, fait bondir toute la fosse au son des riffs assassins des Anglais. Opposition de style avec Arcade Fire : tous les musiciens gardent leurs intrusments respectifs et les maîtrisent plutôt bien. 2 rappels (une première dixit Kele), un slam de tous les membres du groupe dans la fosse (apparemment non prémédité, voire inédit lui aussi ?) et Bloc Party refait encore une fois son retard sur Arcade Fire.

Le bilan.

Nous ne sommes qu’en mai, mais Bloc Party et Arcade Fire sont bien partis pour terminer sur le podium en fin de course. Les outsiders Hot Hot Heat et The Kills n’ont pas semblé pouvoir confirmer les dispositions des années précédentes, mais il restera beaucoup d’adversaires pour la fin de course : les White Stripes à la casaque rouge et blanche, Oasis, dopés à la bière, Franz Ferdinand, qui ne sera plus gêné pour voir la route avec une mèche en moins et peut-être d’autres qui pointent le bout de leur nez mais encore trop inconnu des commentateurs (je le confesse) pour se tailler la part du lion (Maxïmo Park, The Bravery)... Les Eurockéennes à venir risquent d’être un col révélateur qui permettra de dégager encore quelques autres noms du peloton.