Si on veut parler de l’adolescence et de l’école au cinéma, un auteur peut prendre plusieurs chemins. Laurent Cantet et Christophe Honoré auraient difficilement pu prendre des chemins plus éloignés que ceux qu’ils ont pris pour leurs films, respectivement Entre les Murs et La Belle Personne.

Entre les Murs, palme d’or à Cannes (la première qui m’emballe depuis Pulp Fiction), ne met jamais le nez à l’extérieur de l’enceinte de l’établissement, sous risque de se voir coller des heures de retenue. La majeure partie du film met en scène un jeune professeur de français et sa classe de quatrième, avec laquelle il se lance dans des joutes verbales enflammées. Éduquer, sociabiliser, apprendre ou faire plaisir aux parents sont ici les objectifs clairs des uns et des autres. C’est l’école quoi, avec les conseils de classe, les expulsions de cours et les conseils de discipline.

La Belle Personne, elle, passe son temps au café du coin, à jouer au baby et à philosopher sur le sens de la vie. On n’a pas trop affaire à la même jeunesse. Ici, on est chez de jeunes parisiens à la beauté éblouissante, au raffinement le plus élégant et à l’érudition savante. Apprendre n’est pas utile, ici on perfectionne, on essaie de partager, on met en œuvre mais surtout, on cherche à aimer, si possible la bonne (et belle) personne.

Malgré le fait que les deux auteurs se soient bizarrement privés de Daniel Auteuil ou de Patrick Bruel pour leur casting, ces deux films sont de grande qualité. De fibre documentaire ou romanesque, que la barrière élève/professeur soit le tutoiement/vouvoiement ou le sexe/pas sexe, peu importe, ils ont tous les deux su adapter le livre à la base du film pour brosser des portraits d’adolescents touchants.

Un mot quand même sur François Bégaudeau. Ce personnage est en toute simplicité l’auteur du livre Entre les Murs qui a inspiré le film éponyme, son co-scénariste et son acteur principal... en plus d’être auteur de nombreux autres ouvrages, chroniqueur dans la presse et dans plusieurs émissions de télé (notamment à la Matinale et à So Foot où il est responsable de l’excellente interview de Coco Suaudeau, à trouver dans le best-of du magazine), directeur d’ouvrages collectifs ou membre de laboratoire littéraire. Rien que ça ? Pas tout à fait, il veut aussi acheter le FC Nantes.

Ce mec a dix ans de plus que moi tout pile, je vous laisse, il est temps que je m’y mette.