Au cas où certains en doutaient encore, je crois qu’on peut affirmer que les frères Coen aiment le folk.

Hiver 61, New York, on se les gèle pas mal

Inside Llewyn Davis, le dernier film des frères Coen, trace le quotidien d’un chanteur de folk dans Greenwich Village à un moment clé de l’histoire du folk : l’hiver 61, quand un certain Robert Zimmerman, en provenance du Minnesota, pose ses valises dans le froid de New York [1]. De plan lose en plan lose, on va suivre le quotidien de Llewyn (trouver un endroit où dormir ce soir, s’engueuler avec sa soeur, sa copine illégitime ou les parents de son ancien partenaire de duo, retrouver un chat) et aussi l’entendre chanter.

Les frères Coen et moi, c’est une histoire compliquée : j’adore la moitié de leurs films, l’autre m’ennuie terriblement. Ce coup-ci, Inside Llewyn Davis rentre dans la première catégorie. Il y a l’ambiance du film d’abord : un New York froid où on écoute des chansons tristes, une bonne dose d’humour (le personnage de Justin Timberlake et les parodies de pochettes de disque de l’époque) et un personnage principal très attachant. Ce Llewyn Davis est interprété par Oscar Isaac, qu’on pensait ne pas connaître mais qui en fait a déjà joué dans Drive et pas mal d’autres films [2].

Ici, le médiator n’est pas le bienvenu

Mais s’il y a quelque chose que j’aime dans tous les films des frères Coen, sans exception jusqu’à aujourd’hui, ce sont leurs musiques. Il y aurait de quoi écrire plusieurs articles sur le sujet mais il faut bien commencer par quelque chose alors allons-y.

Via ses mémoires posthumes, The Mayor of MacDougal Street, Llewyn Davis est librement inspiré de la vie de Dave Van Ronk. Hang Me, Oh Hang Me fait par exemple partie commune du répertoire de Dave/Llewyn.

Dans le film, Isaac chante les morceaux lui-même, et interprète ainsi plusieurs autres standards du folk : The Death of Queen Jane, The Old Triangle, Fare Thee Well, etc. À la production et aux arrangements, T-Bone Burnett et Marcus Mumford (sans ses Sons) sont aux manettes. À réécouter notamment le dernier de la liste, la patte Mumford est définitivement bien là, de quoi redonner pas mal de crédit à un artiste à qui un rien de sobriété dans ses propres productions pourrait ainsi peut-être se révéler salvateur.

Quant au premier nommé, il n’est pas inconnu niveau portage de folk au cinéma, puisqu’il est l’auteur de The Weary Kind, chantée par The Dude himself, Jeff Bridges (comme quoi le monde est vraiment petit) dans Crazy Heart et vainqueur de l’oscar de la meilleure chanson originale en 2010.

On parle de la suite très vite...

Bonus

L’affiche du film n’est-elle pas un hommage aux cover arts de Bob Dylan (The Freewheelin’ Bob Dylan pour le décor et The Times They Are A-Changin’ pour les couleurs... et un magicien pour transformer une fille en chat) ?