"I’m from Barcelona, à la Maroquinerie le 23 janvier".

Quand il lit ça, le curieux court prendre sa place, forcément, car cette équation peut aussi se lire "Comment faire rentrer les 29 membres du groupe sur 10m² ?" (oui, 29 !) ou encore "Mais pourquoi diable s’appeler I’m From Barcelona quand on vient de Jönköping en Suède ?" (il s’agit en fait d’un hommage à un personnage d’une série britannique, Fawlty Towers, dans laquelle jouait John Cleese... les références sont bonnes)

La soirée commence par un décompte. Tiens, ils ne sont que 8 sur scène. Ah mais, en fait, c’est la 1ère partie, Irene. Pas mal, pas mal. En plus c’est un groupe sympa, ils offrent plein de MP3 à télécharger gratuitement sur leur page web, et leur MySpace.

Mais cette fois, c’est la bonne, I’m From Barcelona entre en scène. On recompte. 1, 2, 3, etc. Le bloqueur restera bloqué à 16. Le taux d’absentéisme frôle les 45% mais ce n’est pas plus mal, on aurait eu du mal à loger les 13 absents entre les pieds de micros et les amplis, d’autant que les membres présents arrivent avec un sacré attirail : machines à bulles de savon, ballons de baudruches gigantesques et sacs de confettis. Ainsi armé, le show est d’une efficacité redoutable.

Cinq ou six musiciens clé, dont le leader, Emanuel Lundgren, assurent la base musicale du groupe tandis que tout autour, les autres membres font un peu ce qu’ils veulent. Ils jouent du banjo ou des cuivres qu’on n’entend pas, sautillent sur la scène, boivent des binouzes, mais tous reprennent un chœur les mélodies incroyablement accrocheuses du premier album du groupe, Let Me Introduce My Friends.

Le public est conquis, frappant dans ses mains et frétillant du bassin ou balançant ses bras pendant les chansons plus mélancoliques du groupe. D’ailleurs, à la fin du concert, le stock de tee-shirts que le groupe vend lui-même sur la scène fera pâle figure. Le saxo du groupe annoncera la mine défaite : "On a épuisé tous nos tee-shirts et ce n’est que la 1ère date de la tournée... Mais on reviendra en mars !"

Renseignements pris, leur retour en mars se fera à la Cigale. Le rendez-vous est déjà pris.

Photos : (c) Robert Gil