Catégorie "Vieux Films à voir en DVD"

Narco - Gilles Lellouche et Tristan Aurouet

Gus Klopp est narcoleptique. Ça lui pose pas mal de problèmes dans sa vie privée et professionnelle. Mais quand il s’écroule et dort, il fait des rêves incroyables, qu’il dessine à son réveil. Ces BD pourraient cartonner mais ni sa femme, ni son pote Lenny Bar, karatéka-fan de Van Damme, ne l’encouragent vraiment à en faire un métier. Jusqu’à ce que son thérapeute découvre son travail...

Rythmé, drôle, stylé, avec des acteurs cabotins (Poelvoorde au sommet de son art) ou juste bons (Guillaume Gallienne), ce film est un des meilleurs films français, allez je m’emballe, de la décennie ! D’influence très américaine (l’ambiance banlieue et caravane, le côté "Duke" de Canet en barbe/pantalon large/chemise ouverte), ce film instaure le concept des jumeaux patineurs/tueurs qui aura participé au succès d’un autre chef-d’œuvre de la décennie : Blades Of Glory. Auraient-ils pompé le truc ? N’ayons pas peur de le dire, Narco est sans doute au cinéma absurde ce que Comme d’habitude est à la variétoche.

Anecdote marrante, pour les besoins du tournage, un faux mariage avait été tourné. En gros, on se prend l’après-midi pour faire comme si c’était un vrai mariage, on fait la fête, on filme sans diriger les acteurs et on voit ce qu’on garde. Seul Poelvoorde avait une consigne : provoquer une bagarre à la fin du mariage. Ce qu’il fit avec brio foutant un froid glacial chez les autres acteurs, qui n’étaient pas mis au courant de la chose. C’est très drôle et ça apparaît dans les bonus du DVD.

La musique qui va avec : La Ritournelle de Sébastien Tellier


Le Chant du Missouri/Meet Me in St. Louis - Vincente Minnelli

Saint-Louis prépare l’exposition universelle de 1904. La famille Smith coule des jours paisibles durant lesquels les histoires sentimentales de leurs 2 filles aînées et de leur fils sont les seules sources de troubles. On joue du piano, on chante, yukaïdi yukaïda, jusqu’à ce que le père annonce qu’il a accepté un poste à New York, ce qui ennuie tout le reste de sa famille (comme le dit la petite Tootie dans le film : "Wasn’t I lucky to be born in my favourite city ?") alors que le pauvre vieux, il fait ça en pensant leur faire plaisir.

Ce film musical a été classé comme "culturally significant" aux États-Unis et figure régulièrement dans des listes des meilleurs films de l’histoire, notamment par le biais de ses nombreuses chansons, souvent interprétées par Judy Garland. Parmi ses titres : Meet Me in St. Louis, The Trolley Song, Have Yourself a Merry Little Christmas et une chouette interprétation de Skip to my Lou.

Anecdote marrante, Judy Garland épousera Minnelli l’année suivante. Cette union donnera naissance à la Liza du même nom.

La musique qui va avec : à peu près tout le film.


L’Aile ou la Cuisse - Claude Zidi

Charles Duchemin est le directeur d’un guide gastronomique très renommé faisant honneur à la gastronomie française de qualité. Son fils Gérard n’est pas très enclin à prendre sa succession, préférant une carrière de clown. Jacques Tricatel, lui, est le directeur d’un groupe de nourriture industrielle et souhaite discréditer le guide Duchemin pour promouvoir ses propres restaurants, temples de la malbouffe.

Comédie de 1976, même si le contenu quoiqu’amusant est très daté, il reste très troublant de voir que le discours sur la bataille entre la nourriture de qualité et la nourriture industrielle n’est pas nouvelle et a donc au moins 35 ans. Est-ce rassurant ou pas, je n’en sais rien mais toujours est-il bon de voir que la bataille n’est peut-être toujours pas perdue.

La musique qui va avec : outre tout le catalogue du label Tricatel (et non ce n’est pas une coïncidence, c’est fait exprès), le thème est signé Vladimir Cosma (quelle surprise !), sans doute l’un des plus connus de son prolixe auteur. Attention, version symphonique :


Catégorie "à voir au ciné mais faut se dépêcher"

Minuit à Paris/Midnight in Paris - Woody Allen

Woody et moi, c’est a bit complicated. Mais je le disais déjà à l’époque, j’aime bien The Purple Rose of Cairo par exemple et Midnight in Paris est définitivement davantage ancré dans cette veine "fantaisiste et poétique" (A) que dans la veine "la vie, ça se joue à rien quand même" (B, exemple : You Will Meet a Tall Dark Stranger) ou la veine "on cause, on cause, mais on s’fait chier" (C, exemple : Whatever Works).

Aussi merci Woody, j’ai compris ta logique interne, et je continuerai donc à voir avec plaisir tes films des catégories A et B et à éviter agilement ceux de la filière C. Je propose même aux distributeurs d’adopter cette norme et de la faire figurer sur les affiches des prochains Woody. Ça rendra service à tout le monde, j’en suis sûr.

La musique qui va avec : on aura pu mettre J’ai deux amours de Joséphine Baker mais on préférera les Inconnus chantent les chansons d’antan


Hall Pass/Bon à tirer (B.A.T.) - Peter et Bobby Farrelly

Rick et Fred sont mariés mais regrettent parfois leur célibat, persuadés qu’ils sont qu’ils pourraient pécho tout ce qui bouge. Lasses du comportement de leurs époux, Maggie et Grace leur accordent une semaine de hors-mariage pour qu’ils se défoulent un petit peu et arrêtent de les faire chier.

On nous avait déjà fait le coup avec Thumbsucker/A.D.O. (Âge Difficile Obscur), et rebelote, encore une traduction complètement nulle, qui joue en défaveur d’un film. Pour information, un hall pass est un billet justifiant de pouvoir se balader tout seul dans les couloirs de son bahut quand on est écolier aux États-Unis. Donc, pas grand chose à voir avec un bon à tirer.

Sinon, avec ce film :
- on rigole parce que merde, les Farrelly Bros sont marrants
- on est content de voir qu’ils ont trouvé en Derek Waters un remplaçant valable au mec qui fait une tête bizarre quand il boit du pipi
- on se rend compte que Vanessa Angel a bien vieilli depuis Code Lisa
- on se rend compte qu’Alyssa Milano n’a pas tellement vieilli depuis qu’on la voit plus nulle part
- que Cap Cod ça a l’air chouette comme endroit